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Ces quelques lignes du livre le Bourreau de Mya
Un vent glacial et les giboulées de ce jour printanier de 1616 balaient le paysage.En ce matin frileux,je n'ai plus de bois pour allumer un bon feu dans l'âtre.Les murs épais suintent et une forte odeur de moisi empeste la demeure.
Ma respiration dessine des ronds qui montent en direction du plafond.D'une main tremblante,j'essuie la vitre et regarde au dehors.Que vois-je?Les sapins balancent majestueusement leurs branches au rythme du vent qui hurle en s'engouffrant dans la cheminée.Le ciel est annonciateur d'un mauvais présage,je le sens.
Le garde-manger vide et la faim qui tenaille mon estomac et celui de mes gosses,qui ne savent pas qui est vraiment leur père,me poussent à sortir en vue de quelques larcins.D'un geste las,je pose ma cape sur mes épaules,en relève le capuchon avant de passer en bandoulière ma besace autour de mon cou.Je l'ai confectionnée avec de la jute.Ayant franchi la porte,j'empoigne mon gourdin.Malgré mes pieds gelés et gercés,je dévale le sentier qui conduit au village.Sur mon passage,les braves gens se détournent de mon regard.Il fait un froid de canard,et la goutte qui tombe de mon nez s'écrase sur l'herbe mouillée.Ma maigreur fait peur à voir et mes traits sont tirés.A la nuit tombée,je rôde en longeant les sous-bois,à l'affût de je ne sais quoi...